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Domaine Steinlicht, retour à l'accueil
Village alsacien niché au milieu des vignes et des champs verdoyantsPhotographie d'illustration : village alsacien au milieu des vignes. Photo : Armands Brants / Unsplash.

AccueilLe domaine

Le domaine

Quatre générations de vignerons à Mittelbergheim, sept hectares et demi sur les coteaux entre Barr et Andlau.

De la vigne à la bouteille, au même endroit

Assez de vignes pour en vivre, assez peu pour connaître chaque cep.

Le Domaine Steinlicht cultive 7,5 hectares répartis en 23 parcelles, surtout sur la commune de Mittelbergheim, avec quelques rangs à Barr et à Andlau.

Tout se fait ici : la taille, les travaux en vert, les vendanges, la vinification, l'élevage et la mise en bouteille. Clémence travaille avec son père Paul, qui n'a jamais vraiment pris sa retraite, et deux salariés à l'année. Une vingtaine de vendangeurs rejoignent l'équipe chaque automne.

Surface
7,5 hectares
Parcelles
23, dont une sur le grand cru Zotzenberg
Sols
Calcaires oolithiques, marnes, conglomérats, grès
Altitude
De 210 à 340 mètres
Cépages
Sylvaner, riesling, pinot gris, gewurztraminer, pinot noir, pinot blanc, chardonnay
Production
Environ 45 000 bouteilles par an
Une vendangeuse trie des grappes dans un seau, au milieu des rangs
Photographie d'illustration (Tata Gorozia / Unsplash) : la personne représentée n'est pas Clémence Eberlin.

Clémence Eberlin

Vigneronne, quatrième génération

Clémence est née en 1987, dans la maison où l'on fait encore le vin. Enfant, elle passait les vacances d'automne à porter les seaux ; adolescente, elle préférait l'histoire aux vendanges. C'est un stage chez un vigneron du Palatinat, à dix-neuf ans, qui l'a fait changer d'avis.

Elle s'est ensuite formée à Rouffach puis à Dijon, a vinifié en Nouvelle-Zélande et est revenue à Mittelbergheim en 2014. Deux ans plus tard, elle a repris le domaine. Ses premières décisions : arrêter le désherbage, laisser l'herbe pousser un rang sur deux et vinifier chaque parcelle à part.

Aujourd'hui, elle partage son temps entre les vignes, la cave et le caveau, où elle reçoit elle-même les visiteurs.

  1. Stage de vendanges chez un vigneron du Palatinat, en Allemagne.

  2. BTSA viticulture-œnologie au lycée viticole de Rouffach.

  3. Diplôme national d'œnologue à l'université de Bourgogne, à Dijon.

  4. Vendanges et vinifications à Central Otago, en Nouvelle-Zélande.

  5. Reprise du domaine familial.

Mon grand-père disait qu'on ne fait pas le vin, qu'on l'empêche seulement de mal tourner. J'essaie de m'en souvenir à chaque millésime.

Clémence Eberlin, personnage fictif

Quatre générations

Le linteau de la porte d'entrée porte la date de 1897, de part et d'autre d'une grappe sculptée. C'est devenu l'emblème du domaine.

  1. 1897 : Aloïse s'installe au village

    Aloïse Eberlin, tonnelier de métier, achète une maison de vigneron au cœur du village et fait sculpter la date sur le linteau de la porte. Il cultive un peu de vigne et des vergers, et vend son raisin au négoce.

  2. 1964 : Joseph met en bouteille

    Son fils Joseph décide de vinifier lui-même. Les premières bouteilles du domaine, un sylvaner et un riesling, sont proposées aux visiteurs de passage sur la Route des Vins.

  3. 1989 : Paul agrandit le domaine

    Paul porte le vignoble à sept hectares, construit la cuverie et plante du pinot noir sur les argilo-calcaires du coteau sud-est. La gamme se resserre autour des cépages du village.

  4. 2016 : Clémence reprend

    Arrêt du désherbage, travail des sols, vendanges entièrement manuelles, vinification parcelle par parcelle. Le domaine prend le nom de Steinlicht, en souvenir de la grand-mère.

  5. 2021 : Le caveau dans l'ancienne grange

    La grange, restaurée avec des pierres du pays, devient le lieu de dégustation et d'accueil des visiteurs.

Le travail dans les parcelles

Peu de recettes, beaucoup d'observation. Chaque décision se prend rang par rang.

  • Des sols vivants

    Aucun désherbant. Les sols sont travaillés au printemps et un rang sur deux reste enherbé pour limiter l'érosion sur les pentes.

  • La taille

    En hiver, taille Guyot à la main, cep par cep. C'est elle qui décide de la récolte de l'année.

  • Les travaux en vert

    Ébourgeonnage, relevage, palissage, effeuillage côté levant : tout se fait à la main, de mai à juillet.

  • La protection de la vigne

    Les traitements sont limités au nécessaire, décidés après observation des parcelles et adaptés à la météo de chaque semaine.

  • Les vendanges

    Manuelles, en petites caisses, en plusieurs passages quand la maturité l'exige. Pour les blancs et les crémants, les raisins arrivent entiers au pressoir.

  • Les haies et les murets

    Arbres fruitiers en bout de rang, haies et murets de pierre sèche abritent les oiseaux et les insectes utiles à la vigne.

Rangs de vigne en contre-jour, sous un soleil bas de fin de journée
Photographie d'illustration : rangs de vigne au soleil couchant, dans l'Aude. Photo : Boudewijn Boer / Unsplash.
Deux mains tiennent une grappe de raisin noir fraîchement cueillie
Photographie d'illustration : grappe fraîchement cueillie. Photo : Maja Petric / Unsplash.

Une année dans les vignes

De la taille aux vendanges, le domaine suit le rythme des saisons. Choisissez une saison pour voir ce qui se passe au coteau et à la cave.

Rangs de vigne aux feuilles rouges et dorées sous un ciel bleu
Photographie d'illustration. Photo : Spencer DeMera / Unsplash.

Les vendanges

Les raisins des crémants sont cueillis les premiers, début septembre ; les gewurztraminers les derniers, parfois à la mi-octobre. Au pressoir, les grappes de raisins blancs entrent entières. Les fermentations commencent et durent souvent plusieurs semaines.

  • Vendanges manuelles : en plusieurs passages selon la maturité
  • Pressurage lent : en grappes entières pour les blancs et les crémants
  • Fermentations : en foudres de chêne et en cuves

Du pressoir à la bouteille

Une cave simple et des gestes lents. Le vin a le temps qu'il lui faut.

  1. Le pressurage

    Pour les blancs et les crémants, les grappes entières sont pressées lentement, deux à trois heures, pour obtenir un jus clair. Le pinot noir, lui, est égrappé et cuve une quinzaine de jours.

  2. Le débourbage

    Le jus repose une nuit au frais ; les particules se déposent naturellement avant la fermentation.

  3. La fermentation

    Elle démarre avec les levures présentes sur les raisins et se poursuit lentement, en foudres de chêne ou en cuves inox selon les parcelles.

  4. L'élevage sur lies

    Les vins restent plusieurs mois sur leurs lies fines. Ils gagnent en texture sans prendre le goût du bois : les foudres ont souvent plus de cinquante ans.

  5. La mise en bouteille

    Chaque cuvée est goûtée, parfois assemblée, puis mise en bouteille au domaine, au printemps ou à l'été suivant.

  6. Le repos

    Les bouteilles attendent quelques mois en cave avant d'être proposées. Les grands crus, bien plus longtemps.

Grands fûts de chêne alignés dans une cave aux murs de briques
Photographie d'illustration : grands contenants de chêne en cave. Photo : Wojciech Wyszkowski / Unsplash.
Rangées de cuves de fermentation en inox dans un chai
Photographie d'illustration : cuves de fermentation à Mendoza (Argentine). Photo : Joao Vitor Marcilio / Unsplash.

Ce qui guide le domaine

  • Le lieu avant le cépage

    Un riesling de Mittelbergheim ne ressemble pas à un riesling d'ailleurs. Vinifier chaque parcelle à part, c'est laisser cette différence s'exprimer.

  • Le temps qu'il faut

    Fermentations longues, élevages sur lies, mises en bouteille quand le vin est prêt, pas avant. Le calendrier commercial attend.

  • Transmettre

    Le domaine est arrivé à Clémence par quatre générations de gestes et de conseils. Elle le tient pour un temps ; il passera un jour à d'autres mains.

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